Polar

Rien ne t’efface

Avis plutôt mitigé concernant le tout dernier livre de Michel Bussi. L’intrigue est bien, le rythme est bon, les descriptions sont parfaites mais le côté spirituel n’a peut-être pas emballé mon esprit trop terre à terre. Habituellement, cela ne me gêne pas lorsqu’on me balade entre illusion et réalité, quand il y a un petit détour dans l’irrationnel, seulement ici cela se résume en une succession de situations plus ou moins crédibles.


Rien ne t’efface, de Michel Bussi
Presses de la Cité | Février 2021
456 pages

Juin 2010 : Esteban, dix ans, disparaît sur la plage de Saint-Jean-de-Luz. Personne n’a rien vu. Juin 2020 : sa mère, Maddi, a refait sa vie mais la douleur et l’incompréhension sont toujours là. Elle revient en pèlerinage au Pays Basque et, sur la même plage, reconnaît Esteban. Ou son jumeau parfait, Tom, un enfant de dix ans. Maddi quitte tout pour découvrir l’identité de ce garçon et s’installe dans son village, à Murol, en Auvergne. Elle, si rationnelle, peut-elle croire à l’impossible ? Esteban serait-il devenu Tom ? L’histoire se répéterait-elle ? Tom est-il en danger ? Maddi est-elle la seule à pouvoir le protéger ?


Malheureusement, je n’ai pas trouvé les personnages très attachants et empathiques (mis à part Nectaire). Et j’ai eu l’impression de m’être fait bernée car l’auteur ne joue pas le jeu en nous présentant les protagonistes. Sans vous spoiler, je peux vous dire qu’il délivre une information relative à un personnage qui change complètement l’image que l’on avait de ce dernier, de sorte à nous induire en erreur. Ceux qui l’ont lu, venez en parler en privé, peut-être que vous avez justement adoré ce twist original, mais pour ma part je n’ai pas aimé qu’il nous cache volontairement des aspects fondamentaux d’un des personnages.

J’ai tout de même aimé certains thèmes traités dans ce livre, plus particulièrement un sujet délicat : celui du deuil ou plutôt celui du refus du deuil. Le récit met en avant l’angoisse d’une mère et son refus de croire à la vérité. On se rend compte jusqu’où elle peut aller pour se raccrocher tant bien que mal à un infime espoir. J’ai été touchée par sa douleur, sa détresse, son besoin de reconstruction… Comment ne pas être affectée par sa vulnérabilité, créée par ce manque qui anéantit la vie et dont on ne se remet jamais vraiment ? En ce sens, il est impossible de ne pas s’identifier aux pensées et aux émotions de Maddi, qui ne cesse de vivre dans le passé.

« On ne tombe pas du ciel quand on vient sur terre, on n’est pas déposé par une cigogne. On est attendu, on est accueilli, et dès qu’on ouvre les yeux, on a besoin de milliers de repères pour nous guider. Une voix, une odeur, une couverture chaude, un biberon tiède apporté par une infirmière, une première brassière que maman a offerte, cette brassière que quelqu’un lui a vendu, que quelqu’un a cousue, et ainsi de chacun de nos objets familiers, les peluches et les hochets avec lesquels on jouera, les musiques que l’on entendra, chaque détail de la chambre où on dormira, les histoires qu’on écoutera, l’inconnu dans la rue qui nous sourira. Nous ne serons jamais que le résultat des milliers de traces que l’on croisera, de milliers de petits cailloux blancs que d’autres ont laissés sur notre chemin. Tout le monde laisse des cailloux blancs quand il passe sur terre. Tout le monde. »

Je suis allée au bout du roman et il faut bien avouer que la fin est réussie. On assiste à une série de faits que la logique refuse d’admettre, mais dont on découvre qu’ils ont une explication bien concrète.


Note : 3 sur 5.

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