Contemporain

Grandir un peu

Je viens de faire connaissance avec Raymonde, Lucas et Jeanne et je suis persuadée d’avoir encore plus fait connaissance avec Julien. Son récit rempli de douceur, de délicatesse, et de bienveillance semble lui ressembler entièrement !


Grandir un peu, de Julien Rampin
Editions Charleston | Mars 2021
253 pages

Une vieille bâtisse en pierre aux volets bleus, perchée sur une colline, loin de tout. C’est là que Jeanne trouve refuge quand elle décide, sur un coup de tête, de partir avec sa collection de vinyles sous le bras pour fuir un mari indifférent et une existence qui ne lui ressemble pas. Cette maison est le royaume de Raymonde, une grand-mère fantasque et rebelle à la recherche d’une dame de compagnie, et de Lucas, son petit-fils. Tandis que les chaudes journées d’été défilent, tous trois s’apprivoisent et vivent une parenthèse enchantée, hors du temps. Mais le temps hélas ne s’arrête jamais vraiment, et la vie va bientôt les rattraper pour les obliger à grandir un peu…


Je me suis très vite attachée aux personnages, qui tous à leur manière m’ont touchée et émue. L’histoire est belle, vraie et humaine. L’auteur nous parle de la vie avec ses bonheurs comme ses coups durs, de ces épreuves qui nous rongent et des rencontres qui nous préservent et nous font avancer. Un roman bouleversant à travers des personnages cabossés par la vie, mais qui nous envoie un très beau message d’espoir. Un roman qui m’a rappelé ma mamie, de part son amour, son franc parler et sa bonne cuisine. Son Roger à elle était cependant plus présent. Je pense que Raymonde et elle se seraient bien entendues, et de là où elles sont, elles doivent bien rire de ma palette d’émotion vécue lors de la lecture du roman.

« Le cœur, c’est un cimetière qui occupe de plus en plus de place au fur et à mesure qu’on vieillit. Il se remplit de gens que l’on a aimés et qui chacun leur tour partent. Les hommes que l’on aime, qui nous aiment. Que nous laissons. Qui nous laissent. Dont on se lasse. Ils viennent alors s’étendre dans les allées de notre cimetière intime. Les gens qui changent, qu’on a adorés, à un moment de nos vies, puis qu’on ne voit plus. Ces amitiés qui disparaissent. Qui, elles aussi viennent s’étendre au milieu de ce qui fut. Les êtres que nous avons croisés et que nous n’avons pas eu le courage de rencontrer. Comme des étincelles, qu’on n’a pas su laisser s’enflammer.
[…] Et, évidemment, ces gens qui partent, définitivement. »

J’ai beaucoup apprécié les souvenirs d’enfance, ces petits billets publiés entre les chapitres. Ces passages vibrant d’émotion accompagnent les histoires de chacun, et contribuent encore plus à les appréhender. La plume de Julien est incomparable : simple mais délicate, drôle mais touchante, sensible mais sincère.

« L’existence est drôlement faite quand même. On peut passer des années à côtoyer des gens qui effleurent à peine ce que nous sommes. Et un matin, on croise quelqu’un qui percute nos ambitions intimes. Fracasse nos carapaces en un éclat de rires. »

Un roman sur la différence, la famille, l’amitié, l’amour mais aussi sur la puissance, les blessures et la tendresse de ces relations. Une très belle ode à la vie, aux racines et aux valeurs. Si vous aimez Julien, je ne peux que vous recommandez chaudement de lire ce livre, et si vous ne le connaissez pas encore : qu’attendez-vous ?! Nous ne pouvez en ressortir déçu tant il est vrai et juste.


Note : 4 sur 5.

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