Epistolaire

Quand souffle le vent du nord

Ce livre nous fait partager une correspondance fictive entre deux inconnus. En effet, l’idée de base est intéressante et actuelle. J’aime bien sa particularité vu qu’elle est traitée sous forme d’échanges de mails.


Quand souffle le vent du nord, de David Glattauer
Le livre de Poche | Mars 2011
352 pages

Un homme et une femme. Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu’à devenir accros. Jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, sans se rencontrer pour autant… Savoureuse et captivante, cette comédie de mœurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux.


La correspondance entre les protagonistes s’étale sur une année entière, les discussions sont cuisantes, ce qui laisse peu de place à l’ennui. Le lecteur perd complètement la notion du temps et passe rapidement d’un chapitre à l’autre. Cependant, d’autres aspects sont plus déplaisants. Le roman met le lecteur dans une position d’attente et d’interrogation parfois. On a l’impression que les choses n’avancent pas assez vite. Emma et Léo ne cessent de parler de leur prochaine rencontre mais rien ne se concrétise, ce qui laisse le lecteur sur sa faim.

« Ecrire, c’est comme embrasser, mais sans les lèvres. Ecrire, c’est embrasser avec l’esprit. »

Emmi est le personnage que j’ai vraiment apprécié au départ : cinglante, franche et dynamique. Pourtant à la fin, je la trouvais de plus en plus énervante et indécise. J’ai beaucoup aimé le personnage de Léo, sensible et très patient face à une Emmi qui m’a souvent agacée. Seuls leurs échanges permettent de cibler gentiment leur personnalité et surtout les sentiments qui apparaissent au fil du temps et des mails. Mais le choix narratif ne m’a pas permis de m’attacher plus que ça à eux.

Avec des réponses plus ou moins longues, et plus ou moins proches dans le temps, le livre est bien rythmé et l’on tourne les pages sans s’en rendre compte. La lecture en devient facile et rapide. Le texte est extrêmement aéré est c’est agréable à lire. Le langage utilisé se lit très bien mais je me suis ennuyée par moment. C’est dommage parce que le début commence très bien, on rentre tout de suite dans cet échange, on fait connaissance avec les personnages en même temps qu’eux. Malheureusement, dès le milieu du livre on se retrouve avec une femme amoureuse qui ne se l’avoue pas et on attend que cela bouge. Malgré leurs envies, d’autres personnes de leurs entourage existent et leur relation ne tourne pas qu’autour d’eux.

« Nous n’allumerons aucune lumière. Dans le noir complet.
Juste quelques baisers, Emmi.
Est-ce mal Est-ce adultère ? Qu’est-ce que l’adultère ? Un mail ? Ou une voix ? Ou un parfum ? Ou un baiser ?
J’aimerais être près de vous. J’aimerais vous tenir enlacée. Passer une nuit, une seule, avec Emmi.
Je fermerais les yeux. Je n’ai pas besoin de savoir à quoi vous ressemblez.
Je veux respirer votre parfum, vous embrasser, vous sentir, tout près de moi.
Je ris de bonheur.
Est-ce un adultère, Emmi ? »

La tension du livre repose sur de nombreuses questions : doit-on résister à la rencontre physique, doit-on s’accrocher aux mots seuls ? Les dernières pages sont assez « haletantes » dans le sens où l’on doit savoir comment cette histoire se termine. Je ne l’imaginais pas comme ça et j’ai bien aimé la chute.


Note : 3.5 sur 5.

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