Epistolaire

La sirène et le scaphandrier

Adorant les histoires épistolaires, c’est sans surprise que j’ai passé un agréable moment en compagnie de Zach et Hanna. La construction du roman est parfaite : un mélange des lettres, de leurs ressentis, des actions qu’ils entament. Il est rempli de tendresse, d’amour mais aussi de dépassement de soi.


La sirène et le scaphandrier, de Samuelle Barbier
Hugo Roman | Juin 2019
240 pages

 New York. Zach est enfermé dans une cellule, il paie sa dette à la société.
Londres. Hanna est enfermée, elle aussi. Elle vit recluse dans son appartement, incapable d’en franchir le seuil.
Poussée par son psychologue, elle s’inscrit à un programme pour correspondre avec des prisonniers et fait la connaissance de Zach, qui attire son attention dès ses premiers mots. Et s’il offrait à Hanna une liberté qu’elle pense hors de portée ?
 


Au fil de leurs échanges, on découvre que Zach et Hanna ont beaucoup plus de points communs qu’il n’y parait. Notamment le fait d’être enfermé dans une vie qui ne leur convient pas, chacun avec ses barrières. Lui, dans une cellule de prison et elle dans son appartement à cause de son agoraphobie. Sans le savoir, ils ont pris tous les deux une décision qui va changer leur vie. Progressivement, ils apprennent à se connaître et vont réussir à s’entraider et à s’épanouir dans cette amitié hors du commun. Zach va lancer des défis à Hanna et petit à petit un lien va se créer. Alors bien sûr, on devine vite ce qu’il va se passer. L’ensemble peut paraître un peu naïf, puisque les soucis se règlent rapidement d’un chapitre à l’autre, mais au final le parcours de ces deux personnages l’importe, tant ils sont attachants. On voyage et on les aperçoit, au plus profond d’eux, à travers leur propre découverte.

« Le visage de Zach reste dans le flou, mais c’est un flou souriant. Quand j’imagine Zach, il sourit toujours.
Zach est un porteur de lumière, c’est comme ça que je le vois. Mon aura à moi, elle est d’un gris terne, mais la sienne doit être brillante, éclatante. Je ne le connais que par ses mots, mais ce sont des mots qui donnent chaud, qui rassurent. Lire une lettre de lui, c’est comme si quelqu’un vous tenait bien serré contre lui. Et ne vous lâchait pas. »

La plume de Samuelle Barbier est simple, belle et douce. La forme épistolaire aide beaucoup car cela rend l’histoire facile et rapide à lire. L’alternance récit et lettres donne un rythme et un dynamisme à l’histoire. En effet, on ne se contente pas de la lecture de la correspondance, car à tour de rôle, chaque personnage raconte son quotidien et sa perception de la lettre de l’autre. Les jolis mots de l’auteure nous entrainent dans un tourbillon d’émotions : tendresse, joie, peur, incompréhension… 

« Je pense que les chansons les plus fortes sont celles qui nous donnent l’impression qu’on aurait pu les écrire, si seulement on avait réussi à trouver les mots.
Quelqu’un d’autre s’est simplement substitué à nous pour nous permettre d’exprimer nos émotions. »

Ce roman est une histoire de liberté, d’espoir mais aussi de confiance et de pardon. Les thèmes de l’enfermement, de l’agoraphobie ou encore de la rédemption sont bien amenés. Pour tout public, cette histoire est également une ode à la liberté ; une lecture idéale après cette période confinée. Une fiction pleine de fraîcheur, de délicatesse et de lumière, qu’on ne veut plus quitter.

« On pense qu’il y aura plein d’autres journées, plein d’autres copains, bien d’autres bonheurs. On oublie que tout peut s’arrêter d’un coup. Le bonheur, le malheur, tout passe. La différence c’est que, quand on est heureux, tout semble éphémère, tandis que le malheur, lui, nous semble durer pour toujours. »

Note : 4 sur 5.

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