Contemporain

Les étincelles

Les Étincelles, troisième roman de Julien Sandrel succède à La chambre des merveilles et La Vie qui m’attendait. Ces deux romans m’avaient énormément à toucher. Celui-ci s’inscrit dans un registre différent des précédents, et le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur sait nous surprendre.


Les étincelles, de Julien Sandrel
Calmann-Lévy | Février 2020
324 pages

LES GRANDS EMBRASEMENTS NAISSENT DE PETITES ÉTINCELLES. La jeune Phoenix, 23 ans, a le goût de la provocation, des rêves bien enfouis, et une faille terrible : il y a trois ans, son père, un scientifique, s’est tué dans un accident de voiture en allant rejoindre  une autre femme que sa mère. Depuis, Phoenix le déteste. À cause de lui, elle a abandonné études et passions et enchaîne les petits boulots. Mais un jour, dans un carton qui dort à la cave, elle découvre la preuve que son père se sentait en danger. Ainsi qu’un appel à l’aide énigmatique, écrit dans une langue étrangère. Et si elle s’était trompée ? Et si la mort de son père n’avait pas été un accident ? Aidée de son jeune frère, un surdoué à l’humour bien ancré, Phoenix se lance à la recherche de la vérité. Mais que pourront-ils, tout seuls, face à un mensonge qui empoisonne le monde?


Plus mystérieux et plus alarmant, ce roman m’a emporté sur un terrain que je ne connaissais pas, celui des scandales sanitaires, financiers et environnementaux. Il évoque un gros problème actuel : la puissance des grands groupes industriels, et permet de critiquer le monde dans lequel on vit. L’écologie en général, souffre et a du mal à lutter contre le pouvoir et l’argent. En effet, beaucoup d’entreprises et produits ont été pointés du doigt ces dernières années pour leur nocivité sur notre planète et notre santé. Ce livre rend aussi hommage aux lanceurs d’alerte. Ces personnes prêtes à risquer leur vie pour sauver celle des autres, à renoncer à leurs proches, afin de dénoncer les dangers de tel produit ou de telle pratique. Ces personnes qui préviennent les populations des dangers que certains produits peuvent provoquer et que les entreprises veulent absolument cacher, n’hésitant pas à faire passer des meurtres en accidents ou en suicides. Combien de journalistes disparaissent chaque année, sans qu’une enquête soit menée, alors qu’ils enquêtaient sur des sujets lourds de conséquences ?!

« Aujourd’hui je me rends compte que le temps est une denrée précieuse, et que l’on n’a que deux options pour l’utiliser: soit on se lamente sur d’impossibles futurs, soit on vit l’instant présent. J’ai fait partie de l’équipe lamentation, pendant trois ans. J’ai résolument intégré la seconde. »

Le roman est centré autour de Phoenix, qui peine à faire le deuil de son papa. Inconsciente mais surtout déterminée et courageuse, elle ne recule devant rien. Se battant contre des sentiments contradictoires, il est ressort une femme forte et pleine de sensibilité. Grâce à cette force qui la caractérise, on ne peut que l’aimer instantanément. Autour d’elle, les personnages secondaires sont réellement attachants. Elle partage avec son petit frère César, surdoué en informatique, une complicité et un amour tellement forts. Victor m’a beaucoup émue. Je l’ai trouvé dévoué et brave, rempli de surprises et de tendresse. Ce n’est qu’à partir de son arrivée dans le récit que je suis pleinement entrée dans ma lecture, trouvant que le rythme s’était accéléré. De plus, l’alternance des points de vue des personnages, et l’usage de la première personne permet de se plonger complètement dans l’histoire.

« Je lève les yeux et remarque que Phoenix pleure en silence. Alors je m’approche et l’enveloppe de mes bras, comme on console une enfant. Elle s’y blottit, et nous restons comme cela. Le monde s’arrête de tourner. Ou plutôt, je comprends à cet instant que le monde peut bien faire ce qu’il veut, je suis à ma place. »

Bien que différent de ces autres livres, on retrouve à nouveau cette notion des relations familiales qui tient toujours une place importante dans les livres de Julien Sandrel. A mon sens, l’esprit de famille, ses liens d’amour font la richesse de ses histoires. Il a su avec brio transmettre l’amour que cette famille se porte, prête à tout pour s’aider les uns les autres. J’aime toujours autant la manière dont il parvient à raconter l’importance des liens intergénérationnels. Il introduit un rapport à la filialité qui est très touchant. Il a un talent certain pour créer des personnages touchants.

« Je sais ce qu’elle pense, car je pense la même chose. Lorsqu’elle me regarde, elle voit son fils. Et lorsque je la vois, elle me rappelle mon père. On se ressemble tellement, tous les trois. Trois générations. Ça n’est pas normal que ce soit lui qui soit mort. Ça n’est pas dans l’ordre des choses. »

Dans ce roman, mélange d’intrigues et de sentiments, on découvre une plume humaniste et engagée, qui conserve malgré tout la douceur et la luminosité qui est propre à l’auteur. Une histoire au départ simple et banale, qui après quelques chapitres nous emporte dans une quête de vérité dangereuse et une intrigue pleine de questionnements. Il a réussi à me prendre dans cette fiction qui au premier abord n’est pas mon thème de prédilection même si le sujet est très important à aborder. Bien que distinct des autres, ce troisième  roman est tout aussi prenant, et montre la force de Julien Sandrel. C’est un auteur audacieux qui sait se renouveler, et proposer une ligne différente. Cela me plait énormément, et peut provoquer l’étincelle qui met le feu au poudre !  Ok, celle-là elle était facile :D, haha !


Note : 3.5 sur 5.

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