Thriller psychologique

Mad

Séduite par le côté féminin, ensoleillé et rafraîchissant de la première de couverture et l’intrigue de la quatrième de couverture, je me languissais de lire Mad. J’avoue que je suis assez mitigée. Pour ceux qui s’attendait à un thriller avec intrigue, passez votre chemin.


MAD
Mad, de Chloé Esposito
Fleuve Noir | Juin 2018
480 pages

Alvie est une catastrophe ambulante sans avenir, virée de son boulot et même de son appartement par ses colocataires. Tout le contraire de sa sœur jumelle, Beth, qui réside dans une somptueuse villa de Taormine en Sicile avec son mari, un superbe italien, et son adorable petit garçon. De quoi lui donner des envies de meurtre ! Alors, quand Alvie reçoit un appel de sa sœur qui lui propose un vol en première classe pour la rejoindre, elle ne saute pas immédiatement de joie… avant de céder à l’appel du luxe et du soleil. Mais la gentillesse n’est pas gratuite : Beth lui demande de se faire passer pour elle le temps d’un après-midi.
Cet échange d’identité va se révéler la première étape d’un tourbillon diabolique et irrésistible ! Entre faux-semblants et rebondissements, Alvie se découvre de nouvelles passions peu ordinaires et apprendra que la vie de rêve peut parfois avoir un goût de… sang.


Que l’on ait aimer ou non, Mad est un roman qui ne laisse pas indifférent. Déconcertante et étonnante, on suit l’histoire de deux jumelles absolument identiques physiquement, Elizabeth et Alvina, mais que tout oppose : leur réussite sociale, leur mentalité, leur relations, leur langage… Ce livre est bien écrit malgré le riche contenu de mots grossiers. L’écriture abuse du langage familier. Je n’ai pourtant pas de problème avec ce vocabulaire, mais là c’était trop. Je me suis beaucoup amusée au début du livre : un bon début d’intrigue, du rythme, un personnage principal drôle, déjanté et haut en couleurs. Et très vite, c’est devenu sans queue ni tête, partant loin dans les clichés. Beaucoup trop loin pour moi, malheureusement. Les rebondissements ne sont pas comiques et sont peu crédibles. J’ai aussi eu beaucoup de mal avec les descriptions physiques des hommes, de la luxueuse maison, des chaussures, des marques. Ces passages m’ont ennuyés et sont devenus à la longue répétitifs. J’attendais plutôt du suspens !

« Je retire la couche sale d’Ernie, qui me flanque un coup de pied dans la figure. Le pauvre n’arrête pas de pleurer. Si seulement Emilia était ici ! Je ne suis pas très multitâche, comme fille. Bouffer des Pringles en regardant Netflix, passe encore, mais là, j’ai du mal. C’est cinquante nuances de merde. »

Au départ, on a l’impression d’être dans un roman feel good, Alvina faisant beaucoup rire ; c’est un personnage décalé à qui rien ne réussit. L’histoire est entièrement racontée de son point de vue : elle n’a aucun filtre, aucun tabou. Nous sommes dans ses pensées tout le temps, elle est pleine d’autodérision et cela est plutôt drôle. J’ai au premier abord beaucoup apprécié et accroché avec son personnage, qui est vraiment une fille atypique. Puis, à un tiers du livre, l’ambiance change et l’humour devient inexistant. L’histoire devient plus sombre. Plus on avance, plus sa folie s’intensifie. Je ne pouvais plus la voir, elle m’est devenue insupportable. Alvina est égoïste, inhumaine et vulgaire. Cela a rendu ma lecture plus difficile, d’autant plus qu’elle nous conte ses déboires sans aucune censure. Elle devient complètement détestable. Même si toutes les explications concernant sa famille expliquent sa psychologie singulière, je n’ai pas réussi à m’attacher à cette femme complètement sociopathe, superficielle, et à l’esprit très limité. Rien ni personne ne semble important à ses yeux si ce n’est pour flatter son égo ; elle est très satisfaite d’elle-même. Ce n’est pas souvent que l’on fait la rencontre d’un tel personnage ; je ne m’attendais pas à découvrir une anti-héroïne. Il fallait oser ! En outre, le titre est tellement bien choisi. A chaque fois que je stoppais ma lecture, je me disais : « Cette fille est folle ».

Sa sœur, Elizabeth, ne vaut pas mieux, derrières ses belles manières, on retrouve la même mentalité amorale envers Alvina. Si l’on se désole un instant de son accident, très vite, on ne la regrette pas vraiment… Leur mère qui apparaît dans les souvenirs d’Alvina, est décrite comme une personne détestable, maltraitante et haineuse. Les personnages masculins m’ont parus trop stéréotypés entre l’italien dragueur, le mafieux, ou l’amant. Les hommes sont très peu intéressants dans cette histoire, même s’ils y tiennent une grande place.

« Beth y croit, elle, aux contes de fées. Je parie qu’elle regarde les films pornos en accéléré pour savoir s’ils se marient à la fin. »

Les livres érotiques ne m’ont jamais déplut, mais là, plus on avance, plus il y a des scènes de sexe. Je les trouve vulgaires et très déplaisantes à lire. On a pas besoin d’avoir autant de détails pour comprendre la vision du personnage à ce sujet. Alvina est complètement nymphomane, et à mon sens, cela n’apporte pas grand-chose au récit. Parfois ce genre de scènes peut être un plus, mais ici, j’ai trouvé que c’était totalement négatif pour le roman.

Au final, je dois dire que j’ai été très déçue par la fin, qui n’en est pas vraiment une d’ailleurs. Pour moi, elle n’a aucun sens. Cependant, j’ai vu que c’était le premier tome d’une trilogie, ce qui explique sûrement que je suis frustrée par le vide de la fin. Il me reste de ce roman une sensation d’incomplet, qui me fait hésiter à lire la suite bien que ma curiosité me dise que c’est peut-être à partir de maintenant que tout va devenir intéressant. Vous l’aurez compris, je ne vous recommanderai pas chaudement Mad car j’ai senti un manque de crédibilité, les événements sont invraisemblables et surfaits. Par contre, ce que j’ai beaucoup aimé, c’est le découpage de l’histoire en sept parties, qui correspondent aux sept péchés capitaux. J’ai trouvé cette construction originale ; elle reflète très bien les différentes facettes de la personnalité d’Alvina.

« Les deux moments les plus importants d’une vie sont le jour où on vient au monde et le jour où on découvre pourquoi. »

Note : 1.5 sur 5.

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